Français

Deutsch
16./18.2.2018

Foraeldre (Parents)

Ch. Tafdrup - DK 2015 Ve:VOd / Di:VOf / 86 Min.


 

En avant-projection
Digital Immigrants
Norbert Kottmann et Dennis Stauffer, CH 2016, documentaire, dialecte/f, 21 min.
1984 – avec une rapidité quasi inhumaine, l’ordinateur domestique envahit les foyers et bouleverse toute une génération. Le PC divise la société en ‹digital natives› et ‹digital immigrants›. 2016 – un groupe de séniors tente de s’adapter au rythme de l’informatisation. Leur problème est le nôtre: combien de temps encore parviendrons-nous à suivre le rythme de cette évolution?

Générique
Scénario et réalisation: Christian Tafdrup.
Production: Thomas Heinesen.
Photographie: Maria von Hauswolff.
Montage: Anno Østerud.
Musique: Peter Schultz.
Interprétation: Bodil Jørgensen (Vibeke), Søren Malling (Kjeld), Emilia Imperatore Bjørnvad (Sandra), Anton Honik (Esben).
Origine: Danemark 2016.
Durée: 86 minutes.
Distribution: Outside the Box.
Vendredi VOd / Dimanche VOf


Dans une banlieue aisée danoise, un jeune quitte le domicile familial pour entamer ses études. Cela implique des changements dans la vie de ses parents, habitués à la présence de leur fils unique. Les deux décident donc de changer leur quotidien et se réinstallent dans l’appartement où ils vivaient étudiants. Après quelque temps, il se produit quelque chose de bizarre: un matin, ils se réveillent rajeunis de trente ans. ls

Commentaires
« Grâce à son expérience de comédien, Tafdrup obtient un excellent travail de la part de ses acteurs, qui ont la tâche difficile de rendre crédible un récit fantastique où les éléments surnaturels sont surtout suggérés. Si l’on enlevait le côté lié à la transformation, on ne serait pas très loin d’une comédie dramatique typiquement scandinave, avec un regard bizarrement humoristique et laconique qui se pose sur les difficultés relationnelles. (…) L’enjeu chez Tafdrup, c’est une honnêteté émotionnelle qui est toujours présente et rend convaincants même les passages les plus ouvertement étranges. On pleure, on rit, on médite tout au long de ce film, ému par cet ovni qu’on n’a carrément pas vu arriver. »
Max Borg, clap.ch, 8.5.2017

« Que se passe-t-il dans la vie des parents lorsque leur fils unique quitte le foyer ? Comment redeviennent-ils un couple lorsqu'ils se retrouvent seuls ? Parents répond avec un drôle de pitch. Dans un premier temps, le ton est celui de la comédie dramatique: retrouvant une liberté oubliée, les protagonistes du film oublient peu à peu leur rôle. Ils se surprennent à ne plus vraiment écouter quand fiston leur parle, se mettent à glousser comme des ados. En zigzaguant entre un léger mauvais esprit et une bienveillance amusée, les deux comédiens rendent leur insouciance retrouvée très attachante. Le film change pourtant de registre en empruntant au conte de fées: en pénétrant dans un lieu interdit (leur ancien appartement de jeunesse, retrouvé comme par magie), les parents vont subir un coup du sort... et se réveiller rajeunis de trente ans. L’idée est merveilleuse, irréelle. On peut hélas également dire que passé cet audacieux changement de registre, le film se casse bien la figure. Le problème n'est évidemment pas le manque de vraisemblance (qui irait reprocher cela à un film fantastique ?), mais le manque de crédibilité. (…) Doit-on rire ? S'émouvoir ? Parents ne semble pas toujours savoir sur quel ton danser, et semble surtout ne plus savoir quoi faire du tout de son idée de départ. Un autre virage dramatique tiré par les cheveux vient alourdir l'ensemble, et si le long métrage retombe sur ses pattes d'un coup de baguette magique, cette fois le tour de passe-passe est trop gros pour faire effet. Dommage. »
Gregory Coutaut, filmdeculte.com

« Christian Tafdrup nous offre avec Parents une fable sobre et minimaliste sur la poursuite illusoire de la jeunesse disparue et depuis longtemps consommée d’un vieux couple. Pour son premier film, le réalisateur danois se risque même à une touchante parenthèse fantastique, aidé par un casting irréprochable. (…) Dans ses quarante premières minutes, Parents a tout du petit drame familial classique, le plus minimaliste possible. Tafdrup réduit le plus possible son récit sur le noyau dur de son intrigue. Le vieux couple fonctionne bien à l’écran: nous les suivons volontiers dans leurs tentatives de dialogue avec leur fils qui préfère écouter sa musique ou sortir avec sa copine d’un soir et annuler un dîner prévu avec ses parents. Lorsqu’il quitte le domicile de ses parents, ceux-ci sombrent lentement dans la sinistrose; pour casser cette spirale infernale, Kjeld reprend le petit appartement dans lequel lui et Vibeke vivaient avant la naissance de leur fils. Kjeld est nostalgique de cette époque idéale où ils n’étaient que deux et où tout semblait leur sourire. Ainsi, ce sentiment doux-amer prendra d’abord une forme matérielle: les meubles et bibelots récupérés reprennent leur place exacte.
Or, cette quête s’avère rapidement impossible à remplir: le malaise est profond et n’arrive pas à s’apaiser. Le rappel des objets, des postures ou de la musique ne console ni lui ni elle, jusqu’à ce que le fantastique pointe le bout de son nez: le couple de cinquantenaires se réincarne un matin en celui qu’il était il y a une trentaine d’années plus tôt. Rides et creux ont fait place à une peau de pêche, muscles et rondeurs ont recouvré leur forme d’antan. Chacun se réhabitue comme il le peut à cette situation incroyable qui nous apparaît comme un rêve éveillé. Dans cet instant magique qui pourrait prendre fin à chaque instant, la mémoire des corps reprend ses droits et Kjeld et Vibeke se retrouvent enfin. Plus que le mythe de la recherche de la jeunesse éternelle, Tafdrup explore ici la seconde chance d’une autre jeunesse. Les plans de voyages et d’année sabbatique se bousculent dans les têtes de Kjeld et Vibeke. Tout ce à quoi ils avaient dû renoncer leur est enfin possible. Plus rien ne compte à côté. Si ce n’est leur fils, Esben, dépassé par cette transformation. (…) On pardonnera au jeune réalisateur un dénouement trop mécanique pour parvenir à boucler son récit, avec de beaux instants entre eux deux et eux trois. »
Alexis Hyaumet, screenmania.fr, 5.7.2016


Filmographie
2017 A Horrible Woman
2016 Forældre (Parents)
2008 En forelskelse (c-m)
2002 Debutanten (c-m)
1999 Kopisten (c-m)


Haut de la page

 


Halal Love
Bacalaureat (Graduation)
O menino e o mundo (The Boy and the World)
The Transfiguration
Jauja
Beresina oder die letzten Tage der Schweiz
Superwelt
Le fils de Joseph
Rak ti Khon Kaen (Cemetery of Splendour)
Gaza Surf Club
Low Tide
Vergine giurata (Sworn Virgin)
A escondidas (Hidden Away)
Viaggio in Italia
Foraeldre (Parents)
Bai Ri Yan Huo (Black Coal, Thin Ice)
Rio Corgo
Olmo & the Seagull
Assemblée générale
 
website by aquaverde