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07.12./09.12.2012 17:30
Okuribito - Departures
Y.Takita - JAP 2008/VOdf/130 min. 14/12

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Sujet du film
Daigo, un jeune violoncelliste, retourne dans son village natal du nord-est du Japon suite à la dissolution de l’orchestre qui l’employait. Croyant répondre à une offre d’emploi dans une agence de voyage, il est en fait engagé dans une entreprise de pompes funèbres pour préparer les corps des défunts pour la mise en bière. Cette activité, encore largement taboue au Japon, va profondément transformer sa vie.
 Commentaires « (…) Departures, à la réalisation sobre et soignée, porte avec force et beauté un message tout simple : la mort fait pleinement partie de la vie, elle en est une étape. Lorsque le patron de Daigo l’initie aux gestes et rituels qui accompagnent la mise en bière, il donne du sens à cet ‹ au revoir › mais aussi à toute une existence. La cérémonie apparaît comme le moment où se referment les blessures par l’ultime regard des proches sur un défunt dont il faut laisser le meilleur souvenir.
Au Japon, la famille s’est déchargée de la préparation des morts auprès de professionnels ; pourtant, tous les proches, des enfants aux vieillards, assistent à ce rituel. Daigo apprend de son maître les pressions expertes et douces sur le visage du défunt pour lui donner une physionomie paisible ; il se forme à la toilette et l’habillage qui ne laissent rien voir du corps ; il pratique à son tour les gestes lents, précis et sublimes, qui font de cet adieu une chorégraphie apaisante et une célébration de l’existence.
Car Departures déborde de vie. ‹ Notre idée était de faire un film amusant, émouvant et profondément touchant ›, expliquent les producteurs et le réalisateur. On rit beaucoup, parfois avec un peu de gêne, souvent de bon cœur. Les héros dévorent à pleines dents pilons de poulets et laitances de poissons avec un appétit féroce. Les saisons passent, omniprésentes comme la nature qui offre des allégories limpides : les saumons remontent la rivière jusqu’au lieu de leur naissance, comme le fait Daigo, tandis que d’autres meurent emportés par le courant ; les oies sauvages s’envolent alors qu’une femme accomplit son dernier voyage.
Avec ce métier, Daigo se réconcilie profondément avec la vie, apprend à pardonner, renoue avec des images trop profondément enfouies dans sa mémoire. Les échos que font naître ce film, loin de ce que l’on avait pu craindre, résonnent longtemps en soi, avec douceur. Telle l’émotion qui soudain naît de l’apparition dans une main d’une petite pierre blanche et lisse, signe puissant d’un amour qui subsiste bien après le dernier regard, les derniers mots, le dernier souffle. »
Corinne Renou-Nativel, La Croix, 2.6.2009
« (…) Yojiro Takita a (…) la main lourde dans le rayon envolées lyriques et autres séquences musicales sursignifiantes qui culminent lorsque le héros du film, un violoncelliste devenu croque-mort, joue de son instrument sur un promontoire, sur fond de Fujiyama, tandis que la caméra embarquée sur un hélicoptère tourne autour de lui. Ce retour aux grandes heures des vidéoclips de Richard Clayderman noyaute donc un film qui n’en reste pas moins agréable, sans casser trois pattes à un canard. Le pauvre Daigo (Masahiro Motoki) abandonne la musique pour un métier qu’il préfère taire à ses proches (d’où une somme de quiproquos un peu surjoués), mais qui se révèle formidablement cinématographique et émouvant : au Japon en effet, les croque-morts opèrent devant les familles. Ils habillent et maquillent les défunts et ce spectacle des derniers adieux, d’une minutie horlogère, vaut à lui seul la vision du film tout entier. Tour à tour drôles ou émouvantes, ces séquences font presque regretter que le film, malgré ses excès grossièrement commerciaux, ne dure ‹ que › deux heures et dix minutes. Il y a donc deux films dans Departures : un quasi-documentaire passionnant sur les rites funéraires pratiqués au Japon et une intrigue fictionnelle outrée, cousue de fil blanc et plutôt mal interprétée (…) »
Thierry Jobin, Le Temps, 3.6.2009
« (…) Voici donc une comédie, qui voudrait bien qu’on la qualifie de douce-amère, puisqu’elle met en scène des artisans funéraires, chargés de la toilette des morts avant qu’ils ne soient remis aux services qui procèderont à leur incinération ou à leur enterrement. Malgré cette dimension macabre, Departures n’est que doux. (…) Il n’est pas besoin d’avoir une maîtrise de cinéma pour deviner chacun des rebondissements du scénario. Il suffit de savoir qu’ils obéissent à des principes intangibles : la tradition vaut mieux que la modernité, les hommes sont plus intelligents que les femmes, la patience et l’humilité sont toujours récompensés. Malgré cet hyper-conformisme, Departures n’est pas dépourvu de grâce. Les séquences qui montrent les toilettes mortuaires sont filmées avec attention et élégance, le portrait de la vie de province n’est pas sans intérêt et les paysages hivernaux font un décor idéal pour ces funérailles à répétition. Réalisé par un vétéran qui a aussi bien pratiqué le pinku (érotique) que le film de samouraï, Departures ne faiblit jamais dans sa volonté d’attendrir le spectateur. Il y parvient assez efficacement pour avoir convaincu les votants de la Motion Picture Academy. »
Thomas Sotinel, Le Monde, 2.6.2009

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